La slow fashion, c’est quoi ?

Nils & Emi slow fashion

Slow fashion vs Fast fashion

Commençons par ce que ça n’est pas pour remettre les choses dans leur contexte.

Coco Chanel disait :

Je ne peux accepter que quelqu’un jette ses vêtements, juste parce que c’est le printemps.

En effet, pas besoin de changer de garde-robe tous les 6 mois pour rester stylé(e). Mais depuis le début des années 2000, on est passé de deux collections par an à quasiment 52 pour certaines marques.

On achète (à un prix défiant toute concurrence), on porte (ou pas car on n’a pas vraiment réfléchi avant l’achat vu le prix) et on jette / on donne. Cela porte un nom, c’est la Fast Fashion ou Mode Ephémère.

Mais attention car les tendances d’aujourd’hui deviendront les déchets de demain (campagne Greenpeace – Detox my fashion).

Conditions de travail déplorables

Cette même mode pousse les marques à mettre la pression sur les fabricants en Chine ou au Bangladesh pour des coûts de production toujours plus bas, et pousse le patron de l’usine à essayer d’augmenter sa marge tant bien que mal quitte à ne pas assurer des conditions de sécurité décentes à ses ouvriers (parce que ça coûte de l’argent de réparer les fissures dans les murs).

Tout le monde se souvient de l’effondrement du Rana Plaza à Dhaka au Bangladesh en 2013. 1127 morts, le double de blessés. Il y a aussi eu la révolte des ouvriers du textile à Phnom Penh au Cambodge avec la police qui tire dans le tas à balles réelles pour que tout rentre dans l’ordre.

Fast fashion = bonheur ?

Mais bon, c’est loin de chez nous alors rien n’a vraiment bougé. Des gens sont payés 2 à 3$ par jour pour faire nos t-shirts à 10€. On a l’impression d’être riche, on peut s’en acheter autant qu’on veut ou presque. La précarité des uns fait le pouvoir d’achat des autres.

En 2015, 80 milliards de vêtements se sont vendus dans le monde. C’est 400% de plus que deux décennies plus tôt. Mais voilà, consommer nous procure tellement de bonheur.

Ah mais non en fait, vingt années de recherches* ont montré que les gens qui se focalisent sur les valeurs matérialistes (posséder toujours plus) sont plus malheureux et plus déprimés que les autres. Bon, c’est le contraire de ce que veulent nous faire croire les publicités des grandes marques mais c’est la vérité. (Si le sujet vous intéresse, je vous invite à regarder le documentaire « The Minimalists » sur Netflix pour l’avoir avec les sous-titres français ou à regarder les vidéos de leur chaîne YouTube si vous parlez anglais).

Greenpeace detox my fashion campaign
Crédit photo : Greenpeace, campagne Detox my fashion

Vous reprendrez bien une dose de désherbant azoté ?

On ajoute une bonne dose de Roundup pour protéger les champs de coton des maladies et on a en plus des cancers et retards intellectuels ou physiques qui viennent s’ajouter au tableau. Pas uniquement dans les pays en voie de développement mais aussi aux Etats-Unis par exemple.

Et on ne parle même pas du nombre de litres d’eau nécessaires pour faire un t-shirt. On ne paie pas nos vêtements bien chers mais c’est la planète qui paie les pots cassés.

C’est bien simple, l’industrie de la mode est la 2ème industrie la plus polluante après l’industrie pétrolière. Car en plus d’être produits dans des conditions polluantes, nous jetons de plus en plus nos vêtements. Même quand on croit les donner à des organismes pour les populations défavorisées, une grande partie finit dans les déchèteries car il y en a beaucoup trop. Et le linge qui pourrit à l’air libre, c’est pas top du tout.

Pour aller dans le détail sur ce sujet, je vous conseille le documentaire choc sorti en 2015 : The True Cost (le vrai prix). Disponible sur Netflix en version sous-titrée en français.

Mais alors, on revient à la peau de bête et à l’os dans les cheveux ?

Notre génération est en train de prendre conscience des dangers de la surconsommation à outrance pour la planète, pour les gens qui doivent travailler et produire toujours plus pour des coûts toujours plus bas. C’est comme cela qu’est né le mouvement de la Slow Fashion. Alors finalement, c’est quoi la slow fashion ?

Slow Fashion : Définition

Vous en avez peut-être déjà entendu parler (ou pas) mais la slow fashion gagne du terrain et c’est tant mieux ! A l’instar du mode de vie « slow life » qui prône de lever le pied pour mieux profiter de la vie, la slow fashion a vu le jour pour inciter à consommer moins mais consommer mieux. Éthique et durable vont de paire avec cette nouvelle façon de concevoir la mode.

Le terme slow fashion a été utilisé pour la première fois en 2007 par Kate Fletcher dans un article pour « The Ecologist ».

C’est l’idée d’une mode :

  • d’excellente qualité – les vêtements et accessoires doivent pouvoir durer plus d’une saison (par opposition à la « fast fashion » ou mode quasiment jetable),
  • propre – pour la planète,
  • juste – en terme de prix pour les consommateurs et pour les artisans qui confectionnent les pièces,
  • éthique – assurer des conditions de travail correctes pour les ouvriers et bannir le travail des enfants.

Concrètement, on fait quoi pour mieux consommer ?

Finalement, on fait un peu comme avec la nourriture. Il y a quelques années, tout le monde se fichait de savoir d’où venait la nourriture que nous consommons. Aujourd’hui, on voit de plus en plus de gens regarder les étiquettes, les ingrédients, la provenance. Et chez Nils & Emi, on pense qu’il va se passer la même chose avec les vêtements et les accessoires.

Les consommateurs vont demander de plus en plus de transparence de la part des marques et c’est bien normal. C’est dans ce courant que l’on veut s’inscrire. Être consom’acteur plutôt que simple consommateur.

D’ailleurs, vous avez peut-être remarqué que dans le mot « consommateur », il y a cette idée de jetable. On consomme c’est-à-dire que le produit a une durée de vie très courte. C’est éphémère. On préfère parler de client(e)s, de communauté – c’est tout de suite beaucoup plus aligné à ce en quoi on croit. Mais revenons à nos moutons, concrètement, on fait quoi pour mieux consommer ?

# Circuits courts

Il y a pleins de marques hyper sympas et pas forcément chères par rapport à la qualité proposée qui se sont lancées ces dernières années sur le marché (notez que si vous gardez votre t-shirt 5 ans au lieu de trois mois, le coût est abordable). En France, il y a par exemple le T-shirt propre ou l’Atelier de Camille. Attention toutefois de ne pas tomber dans le « made in France » = c’est forcément bien.

On a l’impression de plus en plus que le « made in France » est servi en argument marketing choc alors qu’on devrait d’abord regarder la qualité du travail et des matériaux non ? Une parenthèse très intéressante sur le sujet par Bonne Gueule –> Dossier : La (vraie) vérité des vêtements made in France, celle de ceux qui les font.

Alors certaines marques visent le « made by » plutôt que le « made in » comme Sézane ou Asphalte. La qualité et les conditions de travail sont contrôlées afin de ne pas faire n’importe quoi.

# Etiquettes

Certaines marques sont très transparentes sur la provenance des matériaux, pas uniquement sur le lieu de production et c’est tant mieux.

D’autres se sont engagées à réduire leurs émissions carbone ou à ne pas utiliser de colorants chimiques dangereux lors de la production. Pour savoir qui sont les bons élèves de la mode et qui sont les mauvais, vous pouvez télécharger l’application Good on you qui distribuent les bons points.

good on you app slow fashion

# Questionnement

Est-ce que j’en ai besoin ? Est-ce que ça me fait vraiment plaisir ? Est-ce que ce produit va durer longtemps ? Autant de questions que vous pouvez vous poser avant d’acheter.

# Location, échange ou emprunt

Plutôt que d’aller acheter une robe cocktail dont on a besoin pour un seul évènement, on peut la louer. Quand on s’est marié avec Nicolas, j’ai loué ma robe de mariage. Parce que la garder dans un placard en souvenir, euh, ça fait beaucoup d’argent investi pour être stocké dans le noir non ? Et ça peut permettre d’en avoir une encore plus jolie que celle que l’on aurait pu s’offrir…

Une autre option, l’échange. Vous mettez de côté les vêtements dont vous ne voulez plus. Vos copines font pareil. Vous organisez une soirée mojito (what else ?) au cours de laquelle tout le monde amène ses fringues et hop on échange. Bon, il faut quand même faire le même tour de taille que ses copines mais bon.

Et vous pouvez aussi emprunter une étole, une paire de chaussures ou un sac à main si vous n’en avez besoin que pour un évènement (et que vous savez prendre soin des affaires des autres).

Le positionnement Nils & Emi

La priorité pour nous est de faire de la haute maroquinerie à un prix abordable avec des matières premières d’exception, un savoir-faire irréprochable dans le respect des hommes et de la planète. Il s’avère que notre première collection est fabriquée en France, avec des tissus français et du cuir italien. Nous avons pu aller à la rencontre de tous nos fournisseurs et c’était très important pour nous.

Mais nous ne voulons pas être dans la marketing du Made in France à tout prix. On veut juste le meilleur pour nos client(e)s, pour nos enfants et pour la planète 😉 On veut créer des sacs et de la petite maroquinerie qui vous garderez très longtemps. Pas de la fast fashion jetable. En plus, nos longues expatriations en Asie et au Moyen Orient nous ont fait prendre conscience des conditions de travail réelles dans certains pays.

Ces hommes, ces femmes et ces enfants ne sont pas loin de nous. On ne s’en fiche pas. Ils font partis de notre quotidien.

Le mot de la fin

Loin de nous l’idée de faire un article hyper culpabilisant sur la fast fashion. Parce que nous sommes loin d’être parfaits dans nos habitudes de consommation Nicolas et moi. Mais le fait de réfléchir à ce que l’on fait est déjà un premier pas je trouve et si cet article peut vous faire prendre conscience de certaines dérives, alors c’est déjà un premier pas.

Après avoir visionné The True Cost, The Minimalists et d’autres reportages, on sait où on veut aller (et on a des pulsions « trions notre penderie » !).

Cela ne veut pas dire que nous irons nous installer dans les bois pour y vivre en autarcie avec notre potager mais déjà que nous essaierons dès que possible de privilégier la qualité et le côté éthique dès que possible, avec les moyens qui sont les nôtres.

Et comme les petits ruisseaux font les grandes rivières, on a bon espoir.

Et vous ? Vous en pensez quoi ? Vous aviez réalisé qu’on était dans une ère de consommation excessive dans la mode ? Quelles sont vos astuces pour consommer mieux ?

Pour aller plus loin :

* Recherche sur la corrélation entre matérialisme et bonheur : The Relationship Between Materialism and Personal Well-Being: A Meta-Analysis (PDF)

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

LA HAUTE MAROQUINERIE AUTREMENT
Club Nils & Emi
Recevez les nouveautés produits, des invitations à nos évènements, des questionnaires pour donner votre avis sur nos prochaines créations...
Rejoindre l'aventure
Essayez, vous pouvez facilement vous désabonner.
close-link